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La CGT alerte sur des libertés syndicales "en danger"
information fournie par AFP 04/02/2026 à 22:08

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, à son arrivée à Montreuil, près de Paris, le 4 février 2026, pour assister à une réunion sur les libertés syndicales ( AFP / Thomas SAMSON )

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, à son arrivée à Montreuil, près de Paris, le 4 février 2026, pour assister à une réunion sur les libertés syndicales ( AFP / Thomas SAMSON )

La CGT a alerté mercredi sur les "dangers" pesant selon elle sur les libertés syndicales, pointant des procédures judiciaires et discriminations dans les entreprises de plus en plus nombreuses contre les syndicalistes, sur fond de montée de l'extrême droite.

"Il est minuit moins une, l'extrême droite est aux portes du pouvoir", a expliqué la numéro un de la CGT, Sophie Binet, elle-même mise en examen pour des propos sur les patrons, lors d'une conférence de presse précédant un meeting à Montreuil, en banlieue parisienne.

Le syndicat estime que la répression syndicale atteint "un niveau inédit" en France. Il doit rendre publique prochainement une liste de 1.000 syndicalistes CGT "inquiétés", par la justice ou par leur employeur, pour leur engagement syndical.

Il pointe le recours de plus en plus fréquent à des procédures judiciaires contre des syndicalistes, des interventions policières disproportionnées qui "se banalisent" lors des mouvements sociaux, des interdictions de manifester, mais aussi, dans les entreprises, des pressions sur les syndicalistes et des licenciements de salariés protégés par leur mandat.

La CGT estime que ces évolutions sont favorisées par "la concentration de médias dans les mains de quelques milliardaires qui favorise la banalisation de discours réactionnaires" mais aussi par les ordonnances Macron de 2017 qui ont fragilisé la démocratie sociale en fusionnant les instances représentatives du personnel.

Le syndicat demande l'adoption, avant la prochaine élection présidentielle, d'une "grande loi pour protéger les libertés". Elle comporterait trois volets, l'indépendance de la justice, l'indépendance de la presse et la sécurisation du financement de l'audiovisuel public et enfin la "sanctuarisation des libertés syndicales".

Parmi les mesures préconisées, la possibilité donnée aux procureurs de décider immédiatement d'un non-lieu lorsqu'une procédure en droit de la presse est manifestement infondée.

Se sont exprimés au meeting, entre autres, des représentants du Syndicat de la magistrature et de la Ligue des droits de l’homme, et l'ancien garde des Sceaux Jacques Toubon. La numéro un de la CFDT, Marylise Léon, a apporté son soutien à travers une vidéo, tandis que celui de la CFE-CGC, François Hommeril, était présent.

Alors que Sophie Binet a été mise en examen pour "injure publique" après avoir qualifié en janvier 2025 à la radio les patrons de "rats qui quittent le navire" dont "le seul objectif est l'appât du gain", la Confédération syndicale internationale (CSI) a déposé une plainte devant l'Organisation internationale du Travail (OIT) pour dénoncer cette "procédure-bâillon", a annoncé Mme Binet.

"Ce qui se passe ici avec Sophie et ce qui se passe ici en France, ce n'est pas un cas isolé, c'est quelque chose qu'on voit partout dans le monde", a estimé le secrétaire général de la CSI Luc Triangle, soulignant que les syndicats sont les premières organisations attaquées par les régimes autoritaires.

Le mouvement patronal Ethic avait porté plainte après les propos de Sophie Binet sur les patrons. La mise en examen est automatique en cas de plainte pour injure publique.

Ethic "est financé par Pierre-Edouard Stérin, un milliardaire d'extrême droite, qui, dans son projet Périclès, soutient des associations pour multiplier les procédures-bâillons", a dénoncé Mme Binet.

La présidente d'Ethic, Sophie de Menthon, avait assuré au journal L'Humanité n'avoir reçu aucune aide de M. Stérin sauf un "simple soutien financier pour la tenue d'un colloque en 2024".

4 commentaires

  • 01:50

    La CGT a tellement fait monter, depuis 50 ans, le nombre de fonctionnaires administratifs, avec l'aide de la décentralisation, que c'est elle qui a mis à genoux le budget de l'Etat et donc les ressources des sélariés, y compris ses adhérents. En plus, il était communément admis, dans les années 70, que les fonctionnaires touchent, à travail égal, 10 % de moins que dans le privé, car ils ne risquaient pas le chômage. Maintenant ce ratio a été inversé. C'est le double peine.


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